La législation du cannabis en Belgique
Le cannabis est illégal en Belgique, mais les parquets accordent une faible priorité aux adultes détenant jusqu'à 3 grammes ou une plante pour usage personnel.
En bref
- Usage récréatif
- InterditDétenir, cultiver et vendre du cannabis sont des infractions pénales selon la loi du 24 février 1921 sur les stupéfiants.[1][3]
- Cannabis médical
- EncadréSeuls les médicaments autorisés sont permis : Sativex et préparations de CBD faites en pharmacie, délivrés sur ordonnance par les pharmacies (d'hôpital).[4][5]
- Limite de THC des produits CBD
- 0,3 % de THC (delta-9-THC et acide THC) pour les produits de CBD et de chanvre hors du cadre des médicaments.[4][7]
- Fleurs de CBD
- EncadréProduits à fumer à base de plantes soumis aux règles du tabac : moins de 0,3 % de THC, notifiés, avertissements, timbre fiscal, adultes uniquement.[7][8]
- Détention
- InterditReste une infraction ; pour un adulte avec jusqu'à 3 g sans circonstance aggravante, la police dresse un PV simplifié et les poursuites sont de faible priorité.[3][11][12]
- Culture à domicile
- InterditCultiver du cannabis à plus de 0,3 % de THC est interdit ; une plante pour l'usage personnel d'un adulte relève de la faible priorité de poursuite.[3][6]
- Graines
- InterditDétenir, utiliser ou vendre des graines donnant des plantes à plus de 0,3 % de THC est punissable ; les graines de chanvre sous cette limite ne sont pas visées.[6]
- Usage en public
- InterditLa détention ostensible en public ou près d'une école supprime la faible priorité, et certains parquets infligent des amendes sur place.[3][11][12]
- Conduite
- InterditTolérance zéro en principe : un test salivaire positif entraîne 12 heures d'interdiction de conduire, et le tribunal peut infliger 1 600 à 16 000 euros.[9][10]
Le cannabis reste illégal
Le cannabis n’est pas légal en Belgique. La loi de base sur les drogues est la loi du 24 février 1921, qui fixe les peines applicables au commerce des substances stupéfiantes et psychotropes [1]. Un arrêté royal du 6 septembre 2017 soumet le cannabis et le THC à des mesures d’autorisation et de contrôle, avec des exceptions uniquement pour un usage médical légitime [2][4]. Le SPF Justice indique clairement que la détention ou la culture de cannabis reste une infraction passible d’une amende ou d’une peine de prison [3].
La directive de poursuite : 3 grammes ou une plante
La Belgique ne dépénalise pas le cannabis, mais une directive commune du ministre de la Justice et des procureurs fixe la manière de traiter la détention [3][6]. La détention reçoit la « plus faible priorité » dans la politique de poursuite lorsque toutes ces conditions sont réunies [3] :
- la personne est majeure, âgée de 18 ans ou plus ;
- la quantité correspond à un usage personnel, soit au maximum 3 grammes ou une plante cultivée ;
- il n’y a ni circonstance aggravante ni trouble de l’ordre public.
Dans ce cas, la police dresse un procès-verbal simplifié et l’envoie au procureur du Roi, qui peut quand même décider de poursuivre s’il motive sa décision [3]. Les mineurs ne peuvent détenir ni consommer de cannabis, quelle que soit la quantité ; la loi relative à la protection de la jeunesse s’applique à eux [3].
Cette directive n’est pas une légalisation. L’infraction demeure, et les parquets locaux fixent leur propre pratique dans ce cadre. Le parquet d’Anvers recourt aux transactions immédiates, avec une amende fixe de 75 euros pour du cannabis saisi sur la voie publique [11]. Depuis le 1er janvier 2026, le parquet du Limbourg ne distingue plus le cannabis des autres drogues illégales et inflige sur place une amende aux adultes de 24 ans et plus surpris avec de la drogue en public [12].
Culture à domicile et cannabis social clubs
La culture de plants de cannabis produisant plus de 0,3 % de THC est interdite, et les plants découverts doivent être saisis et détruits [6]. L’AFMPS ne peut délivrer aucune autorisation de culture, pas même à des fins médicales ou scientifiques [6]. La seule exception est le chanvre à 0,3 % de THC ou moins, que les agriculteurs peuvent cultiver en pleine terre avec une autorisation des autorités régionales [6]. Une plante pour l’usage personnel d’un adulte relève de la règle de faible priorité décrite plus haut [3].
Les cannabis social clubs, où les membres cultivent collectivement, n’ont aucun cadre légal en Belgique. La directive ne couvre que l’adulte seul avec une petite quantité pour son usage personnel [3]. Les clubs apparus à Anvers et dans d’autres villes ont fait l’objet d’interventions policières et de procédures judiciaires aux résultats mitigés ; ils ne constituent donc pas une voie tolérée [13].
CBD et produits à base de chanvre
Les produits qui ne sont pas des médicaments et qui contiennent du CBD, ou qui proviennent du chanvre ou d’autres parties de la plante avec au plus 0,3 % de THC et d’acide THC, relèvent du SPF Santé publique plutôt que de l’agence des médicaments [4][7].
Les fleurs de CBD et autres produits de CBD vendus pour être fumés ne sont autorisés que comme produits à fumer à base de plantes. Selon l’AFMPS, ils doivent contenir moins de 0,3 % de THC, ne comporter aucune allégation thérapeutique, être notifiés avant leur mise sur le marché, porter des avertissements sanitaires et un étiquetage, et être revêtus d’un timbre fiscal, car ils sont assimilés au tabac à fumer et soumis aux accises [7]. Les liquides de CBD pour cigarettes électroniques sont interdits [7].
Comme les produits à fumer à base de plantes relèvent de la législation sur le tabac, les mêmes règles de vente s’appliquent. La vente aux moins de 18 ans est interdite, et les vendeurs doivent vérifier l’âge de toute personne qui paraît avoir moins de 25 ans [8]. Le SPF Santé publique classe aussi les sachets de CBD parmi les produits interdits et précise que les produits du tabac, catégorie qui inclut selon sa définition les produits à fumer à base de plantes, ne peuvent être ni vendus ni achetés en ligne [8].
Les autres produits de CBD suivent leurs propres règles. Les aliments ou compléments au cannabis revendiquant un effet médical ne sont pas autorisés comme médicaments et sont vendus illégalement [4]. En cosmétique, le CBD extrait des sommités fleuries ou de la plante entière est interdit, tandis que le CBD issu des tiges et des feuilles ou le CBD de synthèse est autorisé [7].
Cannabis médical
L’usage médical est limité à certains médicaments autorisés [4]. Le Sativex, qui contient du THC et du CBD, est actuellement la seule spécialité à base de cannabis commercialisée en Belgique. L’Epidyolex bénéficie d’une autorisation de mise sur le marché européenne mais n’est pas commercialisé en Belgique [4]. Les pharmaciens peuvent aussi préparer et délivrer des préparations pharmaceutiques à base de CBD sur ordonnance d’un médecin [5]. Les pharmacies belges ne peuvent délivrer aucune autre forme de cannabis à des fins médicales, et un arrêté royal du 11 juin 2015 interdit les préparations magistrales contenant du THC [4][5].
Graines
L’AFMPS indique que détenir, utiliser ou vendre des graines de cannabis est punissable si elles peuvent donner des plantes à plus de 0,3 % de THC, et que l’importation de telles graines n’est pas autorisée [6]. Les graines de variétés de chanvre sous cette limite sont exclues de cette interdiction.
Usage en public
Détenir du cannabis dans les lieux publics sort souvent de la règle de faible priorité. La détention dans une prison ou une institution pour jeunes, dans une école ou à proximité (y compris les arrêts de bus ou les parcs où se rassemblent les élèves), ou la détention ostensible dans un lieu public constitue un trouble de l’ordre public [3]. Dans ces situations, la directive ne s’applique plus, et certains parquets infligent des amendes sur place pour la détention en public [11][12]. Les interdictions de fumer applicables au tabac, par exemple à moins de 10 mètres des entrées d’école, couvrent aussi les produits à fumer à base de plantes [8].
Conduite
La Belgique combine des contrôles des signes extérieurs de consommation de drogue et une tolérance zéro en principe ; en pratique, un seuil technique sert à confirmer un résultat positif [9]. La police utilise d’abord une liste de signes physiques, puis un test salivaire, et un résultat positif est confirmé par une analyse de salive dans un laboratoire agréé, qui fournit la preuve légale [9][10]. Après un accident de la route, le test salivaire est réalisé directement [10].
Un test salivaire positif entraîne une interdiction immédiate de conduire de 12 heures, et le procureur peut retirer le permis pour 15 jours [10]. Les peines pour une première condamnation vont d’une amende de 1 600 à 16 000 euros et d’une déchéance du droit de conduire de 8 jours à 5 ans [9][10]. Les conducteurs titulaires du permis depuis moins de deux ans reçoivent automatiquement une déchéance du droit de conduire et doivent repasser l’examen ; les récidivistes risquent des amendes plus élevées et éventuellement la prison [10].
Où acheter du CBD
Il n’existe aucun lieu légal où acheter du cannabis en Belgique. Les produits de CBD à fumer à base de plantes peuvent être vendus par des commerces physiques qui respectent les règles du tabac sur la notification, l’étiquetage, les timbres fiscaux et le contrôle de l’âge, mais pas en ligne [7][8]. Le Sativex n’est disponible que dans les pharmacies (d’hôpital) sur ordonnance, et les préparations de CBD que dans les pharmacies [4][5].
Sources
- Moniteur belge, Justel (ejustice.just.fgov.be): Loi du 24 février 1921 concernant le trafic des substances vénéneuses, soporifiques, stupéfiantes, désinfectantes ou antiseptiques (texte coordonné) (18 oct. 2026)
- Moniteur belge, Justel (ejustice.just.fgov.be): Arrêté royal du 6 septembre 2017 réglementant les substances stupéfiantes et psychotropes (texte coordonné) (18 oct. 2026)
- SPF Justice: Cannabis (principes, possession, sanctions) (18 oct. 2026)
- Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS): Médicaments et autres produits à base de cannabis ou de cannabidiol (18 oct. 2026)
- Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS): Questions sur le cannabis médicinal (18 oct. 2026)
- Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS): Questions sur la culture du cannabis (18 oct. 2026)
- Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS): Questions sur les autres produits et denrées alimentaires à base de cannabis (18 oct. 2026)
- SPF Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement: Tabac : ce que dit la loi (18 oct. 2026)
- Institut Vias: Briefing: Rijden onder invloed van drugs (2022) (18 oct. 2026)
- Police locale belge, zone Deinze-Zulte-Lievegem (politie.be): Afname speekseltest in het verkeer (18 oct. 2026)
- Parquet d'Anvers (om-mp.be): Drogues (politique de poursuite d'Anvers, transactions immédiates) (18 oct. 2026)
- Parquet du Limbourg (om-mp.be): Persbericht: Limburg, nieuwe richtlijn drugsbeleid vanaf 1 januari 2026 (18 oct. 2026)
- Big Buds Magazine, republié par le Transnational Institute (TNI): Le combat pour les Cannabis Social Clubs en Belgique pourrait annoncer la légalisation (2018) (18 oct. 2026)
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